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Moïse B. Selph
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On n’a pas piraté son compte. On a inventé la personne.

Un comédien se présente au casting avec tout : la photo, les références, l’agence qui le représente, même d’anciens tournages qu’on retrouve en ligne. Le directeur coche les cases, signe le contrat. Le comédien n’a jamais existé. C’est exactement ce que font certains escrocs aujourd’hui pour ouvrir un compte, obtenir un crédit, décrocher un emploi.


On n’a pas piraté son compte. On a inventé la personne.

Imaginez un casting. Le comédien qui se présente a tout : la photo, les références, l’agence qui le représente, même d’anciens tournages qu’on retrouve en ligne. Le directeur de casting coche les cases, signe le contrat.

Le comédien n’a jamais existé. Il a été fabriqué, minutieusement, pour passer exactement ce contrôle-là.

C’est ce que font aujourd’hui certains escrocs pour ouvrir un compte, obtenir un crédit, décrocher un emploi. Un visage généré. Une adresse qui semble réelle. Un historique professionnel assemblé à partir de données disséminées un peu partout. Le dossier ne ment pas techniquement — il n’existe simplement pas de personne derrière.

Le système de vérification, lui, continue de chercher les erreurs d’un faussaire humain : une photo floue, une faute d’orthographe, une pièce mal scannée. Face à un dossier fabriqué par une machine, cohérent du premier au dernier détail, il ne trouve rien à redire. Et pour cause : il n’a jamais été conçu pour se demander si la personne, tout simplement, existe.

La leçon ? On a appris à vérifier des documents. On n’a pas encore appris à vérifier des existences.

Le prochain dossier parfait qui atterrit sur votre bureau n’a peut-être pas de faille. Il a peut-être juste… personne derrière.

See also — Africa Pulse, the Ifrikya FM programme where this text was born — the video is online there.

Moïse Bienheureux Selph anchors the news and hosts Africa Tech on Ifrikya FM. He is the founder of Lobaka.